Les neurosciences !

Les neurosciences !

Après mon intervention à la conférence de la Société Française de Psychanalyse Intégrative autour du thème « Éprouver et penser le lien », je vais vous retracer une partie de mon parcours et comment je suis arrivé aux recherches sur les neurosciences affectives en passant par la psychothérapie du Lien pour fonder Neuro Gestalt Institut. Il sera temps dans les prochains mois de vous parler d’un certain nombre d’auteur. 


Après une première approche intéressante de la psychanalyse loin d’être suffisante, au début de mon travail auprès d’enfants souffrants d’autisme et de psychoses infantiles, je cherchais à « comprendre » pour pourvoir les accompagner le « mieux » possible.

La seule chose que j’ai comprise, c’est plus je croyais savoir et moins j’arrivais à les aider… Certes il est important de réfléchir pour appréhender, se faire une idée et dégager une « stratégie » d’accompagnement et plus encore partager un diagnostic avec des collègues éducateurs, psychologues et psychiatres. Mais cela ne rendait pas compte de l’implication nécessaire pour rencontrer ces enfants et traiter leur souffrance à l’occasion de la rencontre.

C’est à partir de ce constat que démarre mes recherches, réflexions sur la posture du thérapeute et son développement.

Je ne regrette rien de ce premier passage par la psychanalyse, elle a nourri mon réflexif et la compréhension d’une certaine psyché. Ensuite, je me suis formé à la Gestalt enseignée par Serge Ginger à l’école parisienne de Gestalt-thérapie et je suis allé jusqu’au 2ème cycle de formation pour vivre à nouveau une forme de déception réflexive même si j’ai trouvé beaucoup d’intérêt aux concepts de l’ici et maintenant et de l’attrait pour le ressenti et l’expression des émotions où l’implication du corps du client est très sollicité… Mais toujours peu sur l’implication du thérapeute. La rencontre avec Ginger m’a permis d’échanger sur le cerveau qui me semblait mis de côté par la gestalt-thérapie sauf par lui et je le remercie encore aujourd’hui pour avoir défendu les premières recherches sur le cerveau et de tenter de les mettre en lien avec notre profession. Comme je m’intéressais au cerveau depuis quelques années, je fis mon mémoire de 2ème cycle sur cette thématique: « DU CORPS A LA GESTALT, DE LA GESTALT AU CERVEAU ».

Après avoir cherché à comprendre et ensuite avoir accès à mon ressenti, la rencontre avec Gilles Delisle, qui deviendra mon mentor, fût déterminante !

La PGRO (Psychothérapie Gestaltiste des Relations d’Objet), théorie révisée du self, appelée la psychothérapie du lien est une approche intégrative de la Gestalt et de la psychanalyse (notamment des auteurs des relations d’objets, Fairnbairn en premier lieu, Winnicott, Klein, Kohut,…) Cette approche intégrative, dans un processus psycho-dynamique, permet de redonner une place à l’inconscient en terme de reproduction (« La Reproduction » vu dans un article précédent ) et une ouverture multimodale afin de sortir d’une « forme de dictature du ressenti », et de garder au centre la puissance, qui n’est plus à démontrer, de la théorie du champ de la Gestalt-thérapie faisant elle place au ressenti et à l’expérience du client et du thérapeute dans une herméneutique de la relation thérapeutique.

« Cela fait 20 ans, depuis 1998 quasiment jour pour jour, que j’ai rencontré Gilles Delisle, je continue d’apprendre à son contact et ne cesse d’approfondir le modèle. Je l’enseigne à mon tour avec l’humilité d’être au plus proche de ce que j’ai appris et de ce qu’il m’a transmis. »

Neurosciences et Compétence Affective !

Pour en revenir aux neurosciences après mon mémoire en 1996, j’ai suivi de loin ce qui se passait mais j’ai replongé dans cet univers à partir de 2003 bien qu’ayant entendu parler des travaux de Panksepp et de Schore. A l’occasion de la création du stage l’ « Awareness corporelle et émotionnelle du thérapeute », à partir de la relation thérapeutique optimale (G. Delisle) me permettait de dégager une posture thérapeutique incarnée, les travaux de Schore ont commencé à éclairer la question de la posture du thérapeute et m’ont inspirés. Dans la même période, le CIG de Gilles Delisle traduisait les travaux de Shore et toutes ces recherches venait enrichir la compétence affective du thérapeute.

Jusqu’à aujourd’hui peu de recherches existent sur la compétence affective, bien que toutes les approches thérapeutiques s’accordent à penser qu’il est nécessaire d’un minimum de travail personnel du thérapeute. Et ensuite… Au delà des compétences réflexives et interactives, il est important que les professionnels de la santé mentale mais également les professionnels de l’accompagnement au sens large apprennent à développer leur compétence affective car elle est première dans la relation de soin.

« J’ai l’intime conviction qu’il est possible de « muscler » cette compétence affective au même titre que les deux autres. Mon intérêt pour les neurosciences affectives, au-delà de comprendre certains mécanismes chez nos patients, vise au développement du thérapeute et de son implication au service du client ! »

Comment être un thérapeute efficace !?

C’est quoi « être un thérapeute efficace » pour ses clients et en même temps continuer à prendre soin de soi ? … Les recherches actuelles d’Orlinsky (développement) et de Ochberg (traumatisme par procuration ou traumatisme vicariant) contribuent à ma réflexion sur un changement de paradigme, dans une approche gestaltiste, qui ne serait plus de travailler sur le « corps du client » mais de travailler avec son « corps de thérapeute ». C’est-à-dire, notre capacité à nous réguler face à nos clients afin de créer un endiguement psychique notamment face aux personnes souffrant d’un trouble de la personnalité et également retrouver une capacité à mentaliser qui est l’aboutissement de la régulation affective.

« Tel est l’enjeu, de mon point de vue, éprouver et penser le lien, c’est accepter d’éprouver le monde interne du client ! »

… jusqu’à la création de Neuro Gestalt Institut (NGI) !

En créant Neuro Gestalt Institut, j’honore l’enseignement que j’ai reçu de Gilles Delisle avec sa pédagogie et ses trois piliers d’enseignement (théorie, expérientiel et practicum) mais aussi j’apporte ma contribution avec l’apport des neurosciences affectives sur le développement du thérapeute dans sa posture que l’on peut espérer optimale à défaut d’être efficace.

L’intention de Neuro Gestalt Institut que nous affichons, est de prendre soin de ceux qui prennent soin ! C’est un axe permanent de réflexion lors de stages et maintenant depuis quelques années, je propose une méthodologie et des « astuces » afin de trouver une écologie de travail en tant que thérapeute, sinon nous proposons un message ambivalent à nos clients sur la question de prendre de soin de soi. Serait-ce un dilemme de contact chez les thérapeutes, indispensable et intolérable, indispensable de prendre soin des autres et intolérable de prend soin de soi…

Voilà, j’aurais pu développer plus en détails certains points mais je souhaite respecter le format habituel des articles proposés chaque mois. Cela donnera l’occasion d’autres articles en 2019.

Je vous souhaite une belle fin d’année ! Au plaisir de vous retrouver en janvier.


> Formations en liens avec cet article : INTRODUCTION PGRO / CYCLE INTENSIF


À propos de l’auteur

Cyrille Bertrand editor

Fondateur et Directeur pédagogique de NGI

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